Jeudi 26 et vendredi 27 novembre 2026
Université de Lorraine, Metz – Campus du Saulcy
L’Économie sociale et solidaire (ESS) est souvent documentée sous un angle statistique pour mettre en lumière la place qu’elle occupe dans l’économie, comme le montre, par exemple, l’édition 2023 de l’Atlas commenté de l’ESS. À la fin des années 1990, les acteurs et actrices de l’ESS ont poussé les instances de statistiques publiques à identifier, en termes de nombre d’établissements et, surtout, de nombre d’emplois, la force de l’ESS, en suivant l’adage : « Se compter pour exister ». Depuis, cette manière de se compter a-t-elle produit des résultats significatifs en termes de changement social et de conception de l’économie ?
Plus de dix ans après la loi de 2014, l’ESS est aussi reconnue par les instances internationales, de l’OIT à l’ONU en passant par la Commission européenne. Mais la recherche ne doit pas s’y tromper et poursuivre ses efforts pour améliorer la connaissance de l’ESS, ses apports comme ses contradictions.
Aussi, dans un contexte universitaire toujours plus malmené par les restrictions budgétaires et le managérialisme, comment les chercheur.es actuel.les travaillent lorsqu’ils et elles étudient l’ESS ?
Dans le même ordre de considérations, comment les formations plaçant l’ESS en leur cœur se maintiennent-elles, eu égard aux stratégies comptables que celles-ci rencontrent dans leurs établissements ? Ces 9èmes rencontres souhaitent revenir sur la situation particulière de l’ESS au sein des universités à partir du moment où des universitaires s’en saisissent comme objet de recherche et/ou comme axe principal de formation des étudiant.es. Comment ces universitaires étudient-ils l’ESS et selon quelles méthodes ? Comment leurs résultats valorisent-ils ou non l’ESS comme un objet désirable ? Comment parviennent-ils à maintenir à flots des formations en ESS ? Comment maintiennent-ils leurs liens avec les actions de terrain ?
Si la loi de 2014 a tenté d’ouvrir l’ESS aux entreprises commerciales et a renforcé la labellisation Entreprises solidaire d’utilité sociale (ESUS), force est de constater que la volonté institutionnelle de rendre soluble l’ESS dans l’économie capitaliste de marché est freinée par le maintien des grands secteurs de l’aide sociale portés par les associations gestionnaires, de l’accompagnement associatif vers l’emploi aux établissements et services médico-sociaux accueillant et accompagnant les personnes en situation de handicap, en passant par l’insertion par l’activité économique et les fédérations d’éducation populaire. De même, les organisations coopératives et mutualistes continuent à peser. Au niveau national, les chiffres de la direction générale du trésor d’octobre 2025 montrent que si l’on décompte environ 175 000 établissements associatifs, on identifie seulement environ 10 000 sociétés commerciales reconnues ESS par l’administration. D’un autre côté, les initiatives citoyennes (centrées sur l’écologie, les arts et la culture, ou encore les liens sociaux et la convivialité, etc.) conservent une place forte dans les processus d’innovation sociale sans pour autant peser dans
les débats et alors qu’elles revendiquent une autonomie d’action en proximité. Qu’en est-il au niveau de la région Grand Est ? Comment les universitaires du RESSOR abordent-ils, au fond, l’ESS, que l’on ne cesse de mettre en avant comme une catégorie composite et plurielle ? Comment contribuent-ils à améliorer la connaissance de l’ESS sur leur territoire ?
Les 9èmes rencontres du RESSOR Grand Est souhaitent mettre en avant les travaux des chercheur.es du RESSOR qui se sont engagés sur de telles voies, que ces travaux soient finalisés ou en cours, qu’il s’agisse de travaux théoriques ou d’enquêtes de terrain menées sur leur territoire. Le dernier temps des rencontres sera consacré à l’Assemblée générale ordinaire annuelle de l’association, en fin de matinée, le vendredi. Une table-ronde acteurs/chercheurs se déroulera le jeudi en fin de journée.
Modalités d’envoi des propositions de communication
Format des propositions : texte en format pdf comprenant le titre de la communication, résumé d’une page maximum avec 5 références bibliographiques max, accompagné des noms et prénoms, adresse e-mail et rattachement institutionnel des auteur.es.
Adresse e-mail de soumission des propositions : melaine.cervera@univ-lorraine.fr
Date limite d’envoi : lundi 5 octobre 2026
